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Statut du parquet : la Cour EDH relance le débat sur l’indépendance

25 novembre 2010

Un nouvel arrêt rendu le 23 novembre 2010 ( req. : 37104/06) par la cour EDH relance le débat sur l’indépendance du parquet. Cette décision rendue au profit d’une avocate française, maître France Moulin réaffirme qu’à défaut d’être indépendant du pouvoir exécutif, le parquet ne peut être considéré comme une autorité judiciaire réunissant les critères d’indépendance nécessaires au contrôle d’une mesure privative de liberté en application de l’article 5-3 de la CEDH.

La Cour de Strasbourg confirme là sa position adoptée il y a quelques mois dans l’affaire Medvedyev.

  • Extrait :

"57. (…) la Cour considère que, du fait de leur statut ainsi rappelé, les membres du ministère public, en France, ne remplissent pas l’exigence d’indépendance à l’égard de l’exécutif, qui, selon une jurisprudence constante, compte, au même titre que l’impartialité, parmi les garanties inhérentes à la notion autonome de « magistrat » au sens de l’article 5 § 3 (Schiesser, précité, § 31, et, entre autres, De Jong, Baljet et Van den Brink c. Pays-Bas, 22 mai 1984, § 49, série A no 77, ou plus récemment Pantea c. Roumanie, no 33343/96, § 238, CEDH 2003-VI (extraits)).

58. Par ailleurs, la Cour constate que la loi confie l’exercice de l’action publique au ministère public, ce qui ressort notamment des articles 1er et 31 du code de procédure pénale. Indivisible (paragraphe 26 ci-dessus), le parquet est représenté auprès de chaque juridiction répressive de première instance et d’appel en vertu des articles 32 et 34 du code précité. Or la Cour rappelle que les garanties d’indépendance à l’égard de l’exécutif et des parties excluent notamment qu’il puisse agir par la suite contre le requérant dans la procédure pénale (voir, en dernier lieu, Medvedyev et autres, précité, § 124 ; paragraphe 46 ci-dessus). Il importe peu qu’en l’espèce le procureur adjoint exerçait ses fonctions dans un ressort territorial différent de celui des deux juges d’instruction, la Cour ayant déjà jugé que le fait pour le procureur d’un district, après avoir prolongé une privation de liberté, d’avoir ensuite transféré le dossier dans un autre parquet, n’emportait pas sa conviction et ne justifiait pas qu’elle s’écarte de sa jurisprudence consacrée par l’arrêt Huber c. Suisse précité (Brincat, précité, § 20).

59. Dès lors, la Cour estime que le procureur adjoint de Toulouse, membre du ministère public, ne remplissait pas, au regard de l’article 5 § 3 de la Convention, les garanties d’indépendance exigées par la jurisprudence pour être qualifié, au sens de cette disposition, de « juge ou (…) autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires »."

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